Qu'est-ce que le Kalarippayat ?

Le kalarippayat est à la fois un art martial et un art thérapeutique, originaire du sud de l'Inde. 

Sommaire de Présentation (interactif) :

Présentation de la discipline

Kerala, Terre d'origine du Kalarippayat

Origines du Kalarippayat

Styles du Nord

Style du Centre

Style du Sud

Influences

Bibliographie

Jump_ball_Oliv.jpg JNemptyhand3.jpg kid_backbend.jpg Otari-Pongi-Alex-Oliv.jpg Fish_Vadivu_Chaabas_Yukiko.jpg Baton_-long_duo_demo.jpg Batons_longs_et_courts.jpg FBT_9.jpg Nerekal_Oliv_Andrea.jpg Nellyepee.jpg Sushumna_Duo_Oliv_Nelly.jpg Baton_long_Groupe_enfants.jpg
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Présentation de la discipline : il existe 3 styles (Nord, Centre et Sud), dont chacun a ses caractéristiques propres. Cet art martial comporte un vaste répertoire d'exercices de préparation physique, des techniques de déplacement, de percussion et de blocage (mains, coude, genoux, pied), des clefs et projections et inclue également le maniement de diverses armes en bois (bâtons long, bâton courts, bâton incurvé, matraque, masse) et en métal (couteaux, dagues, épée et bouclier, épée flexible, lance, hache).

Sur le plan physique, la pratique permet de développer la coordination, la force, la souplesse, l'équilibre, les capacités respiratoire et cardiaque. Sur le plan mental elle favorise la concentration, la confiance en soi et le contrôle de ses émotions. Enfin, sa pratique comme ses méthodes de soin, fondées sur la connaissance des marmas (points vitaux), nadis (lignes d’énergie) et vayus (mouvements de l’énergie) agit sur le corps subtil en favorisant la circulation et l’équilibre des énergies.

OK-signed-Kalari-1.jpgLe kalarippayat est un art martial et thérapeutique traditionnel, originaire du Kerala (Etat du sud-ouest de l'Inde). Le "kalari" est le lieu dans lequel se déroule l'entrainement, "payatu" signifie "s'entrainer avec le corps". Les maitres de kalarippayat sont appelés des Gurukkals ou parfois Assan (dans la tradition du sud uniquement). 

Il s'agit d'un des plus anciens arts martiaux encore pratiqué de nos jours. Certains auteurs le considèrent même comme « L'ancêtre de tous les arts martiaux d'Asie ».

Toutefois les sources historiques dont disposent les chercheurs rendent difficile la détermination exacte de ses origines et des relations qu’il a entretenu avec d'autres disciplines. Le kalarippayat possède notamment plusieurs points communs avec le yoga et l'ayurveda (science médicale), mais il a ses propres techniques de soin et exercices énergétiques.

Il s'agit d'une pratique globale qui engage le pratiquant vers un mode de vie et une philosophie concourant au respect de soi-même et au respect de l’autre, reposant sur une éthique forte et qui requiert une discipline du corps et de l’esprit. Autrefois enseigné uniquement au sein des castes guerrières du Kerala, il est aujourd’hui ouvert à tous, mais demeure une voie martiale exigeant de ses adeptes des qualités telles que la patience, l'humilité, le courage et le goût de l’effort.

guerriers-guerisseurs-6-signee.jpg

Retour au Sommaire

 

Le kalarippayat est originaire du Kerala, Etat du sud-ouest de l'Inde. Il trouve ses racines dans la culture keralaise qui est elle-même le fruit d'une synthèse entre la culture dravidienne (premiers occupants de l'Inde) et les apports liés à l'arrivé des aryens depuis l'Inde du nord. Cet art a fortement imprégné la culture du kerala et il a largement inspiré d'autres disciplines comme le kathakali, le theyyam ou encore les arts du cirques keralais.     

 

             

 

   

Le Kerala est un état côtier ou l'on distingue trois régions, dont chacune a produit son propre style de kalarippayat : nord, centre et sud. Historiquement, le nord du Kerala est la première région a avoir reçu l'influence aryenne. Le sud a davantage conservé les influences dravidiennes et les racines Tamoules. Le Kerala est limitrophe du Tamil Nadu (Etat du sud-est de l'Inde), mais les deux états sont séparés géographiquement par une chaine de montagne (les ghats occidentaux), sauf au sud où l'es échanges culturels avec le Tamil Nadu furent par conséquence plus importants.

On parle d'ailleurs dans tous l'Etat une langue de racine tamoule : le malayalam, qui possède sa propre écriture.

   

 

Le niveau de vie, l'espérance de vie et le taux d'alphabétisation y sont largement plus élevés que dans le reste du pays. Cela s'explique peut-être en partie par son ouverture vers l'étranger. Déjà pendant l'antiquité les keralais entretenaient des échanges avec les grecs, puis avec les romains, les marchands arabes et ceux venus d'asie du sud-est. Carrefour de civilisation, le kerala compte également divers communautés religieuses : hindous, musulmans et chrétiens y sont représentés et il y règne un climat de tolérance qui contraste parfois malheureusement avec les tensions perceptibles dans d'autres états.

Enfin, de nombreux keralais se sont expatriés, en particulier dans les pays du golf, ce qui permet de soutenir l'économie keralaise et renforce encore l'ouverture culturelle de ce peuple.

Le tourisme s'y développe également grâce au patrimoine naturel (état côtier, montagne, réserves naturelles et backwaters) et culturel (traditions scéniques et religieuse, musique, patrimoine gastronomique et architectural).

Ces nombreux atouts en font un état dynamique, accueillant et porté sur les échanges culturels.

Retour au Sommaire

 

Les théories et mythes liés aux origines de cet art abondent, mais il semble raisonnable d'avancer que la discipline que nous connaissons aujourd'hui est le fruit d'une synthèse entre différents apports. Le kalarippayat est inextricablement lié à la culture keralaise qui est le résultat d'une fusion entre l'héritage dravidien, l'apport boudhiste et l'apport aryen. Le kalarippayat est par ailleurs liés à d'autres disciplines indiennes ancestrales, telle que le yoga ou l'ayurveda. Cet article est basé sur mes échanges et lectures, mais il ne reflète que mon opinion personnelle, laquelle n'est pas nécessairement partagée par l'ensemble des pratiquants et enseignants et ces avis n'engagent que moi (et non l'école dont je suis issu).

Les dravidiens, premiers occupants de l'Inde possédaient déjà une tradition martiale et médicale (tradition siddha) ancienne, il y a plus de deux millénaires. Le système martial de l'époque était certainement lié aux techniques de chasse et à l'observation des animaux. La médecine siddha quant à elle, fait partie des trois médecines traditionnelles reconnues en Inde (avec l'ayurveda et l'unani) et provient de la culture tamoule. Il est difficile de cerner les contours exacte de ce socle originel du kalarippayat, mais il est intéressant de garder à l'esprit que cet art s'est développé au sein d'un peuple vivant encore très largement en symbiose avec leur environnement, dépendant de la chasse, de la pêche et de la cueillette. De là provient certainement une partie de la connaissance médicinale et des concepts martiaux du kalarippayat.

Le bouddhisme fut pendant un temps répandu au Kerala et ce avant même la généralisation du brahmanisme dans le sud de l'Inde. De cette période subsiste plusieurs influences dans la culture keralaise et en particulier dans le kalarippayat. C'est très certainement à cette époque que la connaissance des marmas (points vitaux) fut introduite et que la philosophie non violente du bouddhisme influença l'approche martiale du kalarippayat : utilisation d'armes en bois, capacité de mettre un adversaire hors d'état de nuire sans le tuer et techniques de soins permettant de réparer le dommages causés. Plusieurs exemples sémantiques semblent attester de cette influence : le terme « lo har » utilisé aujourd'hui dans certaines écoles pour désigner des exercices vient du mot « Lo Gar » qui désignait les gardes du corps bouddhistes au service de familles princières. Ces derniers vivaient déjà en communauté monastiques au sein de « shaolins », qui signifie « temple » en malayalam. Enfin le plus célèbre exemple de ce lien entre bouddhisme et kalarippayat est celui du moine guerrier boddhidarhma qui a propagé le boudhisme chan en Chine et fondé les arts martiaux de Shaolin (voir article « Influences »). Lui-même était issu d'une famille princière keralaise. Toutefois si le bouddhisme se propagea ailleurs en Asie, il ne perdura en Inde que de manière très minoritaire.

Au Kerala, il ne fut remplacé par le brahmanisme (devenu l'hindouisme) qu'au 5 ou 6 ème siècle après JC. Cette influence tardive du peuple aryen sur le sud de l'inde (au nord, ils traversèrent l'indus aux alentours de -2000 avant JC), explique les spécificités culturelles que l'on y retrouve aujourd'hui encore. Ils introduirent la culture brahmanique et son système de castes, ainsi que l'ayurvedha (savoir médical) et le dhanurvedha (savoir martial). Les rituels dévotionnels présents dans de nombreuses écoles et le maniement des armes en fer remonteraient à cette époque. Cette influence est beaucoup plus marquée dans le style du nord que dans celui du sud. L'introduction de la culture brahmanique a certainement contribué à développer les liens entre le kalarippayat et d'autres traditions indiennes ancestrales comme le yoga ou l'ayurveda. Il est cependant difficile de déterminer avec certitude quelle discipline a influencé l'autre, tant ces traditions sont anciennes et la culture indienne propre à opérer une synthèse des savoirs.

Certains auteurs laissent entendre que le kalarippayat serait une sorte de yoga martial. Or si il est vrai que plusieurs concepts énergétiques et philosophiques sont communs aux deux disciplines, il me semble important de ne pas perdre de vue que le kalarippayat est et demeure un art martial, distinct du yoga dans son histoire, sa pratique et dans la voie qu'empruntent ses adeptes. Il est intéressant d'observer des similitudes qui témoignent d'une influence probable entre les deux systèmes : des concepts énergétiques comme le prana et les vayus (expressions du souffle de vie et de la circulation des énergies), les chakras (centres énergétiques majeurs), ou encore des postures ou exercices sont similaires comme l'assana (en yoga, posture maintenue de manière prolongée) du guerrier qui correspond au vadivu (posture animale en kalarippayat) du cheval, ou encore celle du cobra, pour ne citer qu'elles. Des liens peuvent donc être établis entre les deux disciplines, mais je tiens pour ma part à rappeler que le cheminement du yogi et celui de l'artiste martial diffèrent en particulier dans le fait qu'un artiste martial ne pratique pas seulement ses formes individuellement, mais se construit aussi à travers les exercices de combat et les échanges avec ses partenaires.

Le savoir médical du kalarippayat est souvent présenté comme faisant partie de l'ayurveda et s'il ne fait aucun doute qu'il y puise de nombreuses connaissances, il ne faut pas cependant négliger l'originalité du kalarippayat qui comporte des méthodes spécifiques que seul un pratiquant maitrisant la technique martiale sera à même de réaliser. C’est notamment le cas des massages opérés avec les pieds, typiques du kalarippayat et qui requiert des années de pratique martiale avant de pouvoir être dispensés correctement. L’ayurveda inclut également des massages des nadis et marmas, mais là aussi la connaissance du kalarippayat est spécifique et liée à la pratique martiale. Plusieurs huiles, remèdes ou traitements sont communs aux deux disciplines (Dhara, Kiri, Nasia …) et les gurukkals intègrent largement les concepts de l’ayurveda dans leur compréhension du corps, mais il demeure des différences dans la façon de dispenser les soins et les gurukkals restent les seuls à connaître les secrets de fabrication de différentes huiles et remèdes, si bien que le kalarippayat conserve encore ces spécificités thérapeutiques.

Le kalarippayat est donc le résultat de la rencontre de plusieurs traditions millénaires, ce qui en fait un sytsème riche, complet et comportant de nombreux liens avec d'autres disciplines, indiennes ou asiatiques (voir article « Influences »).

Retour au Sommaire

 

Style du Nord, Vaddakhan Sampradayanam :

Il existe différents styles appartenant à la tradition du nord (Arapukkai, Pilatangi, Kadathanad), le plus connu étant le style arapukkai. C'est le plus généralement associé au kalarippayat par le grand public. Ces différents styles faisaient autrefois partie d'une même tradition et étaient donc complémentaires, mais la diversité des lignées (tradition perpétuée d'un gurukkal à l'autre) et la multitude des noms utilisés pour les désigner ont contribué au manque de lisibilité et dans certains cas à l'appauvrissement de cette tradition. Toutefois certains Gurukkals continuent à enseigner les différents styles du nord en associant dans la pratique les formes du style arappukai (généralement appelées "meypayat"), également connues en tant que "kai-oierti-payat" (ce qui signifie "amener les mains vers le ciel") et celles du style pilatangi, qui sont à l'inverse appelées "kai-kouti-payat" (ce qui signifie "amener les mains vers le sol").

De manière générale la Vaddakan Sampradayanam (Tradition du Nord) développe l'instinct (animalité) et l'intuition martiale du pratiquant. Ces formes différentes dans leurs caractéristiques, ont en commun d’opérer un travail profond sur le corps physique et le corps subtil. Leur pratique concourt au renforcement musculaire, améliore la souplesse, l’endurance, la circulation énergétique et stimule également le pratiquant sur le plan psychologique. 

L'apprentissage de ces styles suit un cheminement précis qui vise à amener progressivement le pratiquant au plus haut niveau, à travers la pratique :

- des projections de jambes (kalugas) et des postures animales (vadivus);

- des formes corporelles (meipayat, kaikouteupayat, ...);

- des formes de combats combinés avec armes en bois (koltari);

- des formes de combats combinés avec armes en métal (ankamtari);

- des techniques de combat à mains nues;

- enfin le pratiquant avancé peut apprendre les techniques de soin.

Retour au Sommaire

 

Style du Centre, Madhya Sampradayanam :

Le style du centre est un "style clef" qui comporte un large répertoire de techniques combinables dans une infinité d'exercices : déplacements, percussions (mains, coudes, pieds, genoux), blocages et esquives, clefs, balayages et projections. Il intègre également le maniement d''armes comme les bâtons courts, bâton long et chotachan (sorte de matraque de la longueur d'un couteau).

Ce style est celui de la connaissance car son organisation systématique inclue un grand nombre de techniques en y associant la compréhension des principes de combat, ce qui permet ensuite au pratiquant de combiner les savoirs pour aboutir à un système fluide et ouvert. Il est également de part son origine géographique un lien entre les styles du nord et du sud avec lesquelles il comporte certaines similitudes.

Sont apprentissage nécessite beaucoup d'engagement, car il passe par un travail de renforcement et de résistance à la douleur abordé de manière progressive sous forme d'exercices avec partenaire. La préparation physique y a donc un role primordiale, mais à la différence du style du nord qui prépare le pratiquant à travers les formes corporelles, le style du nord développe ces qualités à travers des exercices courts (Cheru Thozil ou Lo-Har) destinés à renforcer et à assouplir le corps, tout en conditionnant le pratiquant à des réflexes martiaux.

Ce style demeure méconnu et compte assez peu de pratiquants, il est pourtant extrêmement complet et dispose d'un répertoire d'exercices et de techniques qui permette d'ajuster l'enseignement en fonction du niveau de chacun.

Retour au Sommaire

 

Style du Sud, Tekkhan Sampradayanam :

La Tekkhan Sampradayanam (tradition du sud) est également appelée marma adi / adi murai / varma adi (art de frapper les points vitaux). Le sud du Kerala est la partie la plus influencée par la culture du Tamil Nadu et ce style est très proche du Varma Kalai qui y est pratiqué.

Il était enseigné aux personnes chargées de défendre leur village. Dans ce contexte les combattants devaient être en mesure de faire face à plusieurs adversaires. C'est l'une des raisons pour lesquelles ce style privilégie les enchaînements de frappes rapides et précises associés à des techniques de déplacement permettant de changer de direction (ota cuvadu et kuta cuvadu). Il comporte en outre des exercices de contre, d'esquive et de clefs, ainsi qu'un répertoire de techniques pour faire face à mains nues à un individu armé (bâton court, couteau et machette). Il intègre également des techniques de bâton long pratiquées en solo ou sous forme de combat combiné.

Retour au Sommaire

 

Influences du Kalarippayat sur d'autres disciplines

Certains auteurs présentent le Kalarippayat comme l’ancêtre des arts martiaux asiatiques (Tiego Bindra : Le Kalaripayat. L’Ancêtre de tous les arts martiaux d’Asie / Belles-Lettres, 2005 ; Patrick Denaud : Kalaripayat, l’Origine des arts martiaux / Budostore 1996). Cette hypothèse est séduisante et l’influence culturelle de l’Inde sur d’autres pays asiatiques, en particulier en matière religieuse (hindouisme et bouddhisme) est avérée. Il me semble cependant délicat d’affirmer que le kalarippayat serait la source unique du savoir martial asiatique. Ce qui est en revanche certain, c’est qu’il s’agit d’un des plus anciens arts martiaux encore pratiqué et qu’il a influencé d’autres arts en Asie et au Kerala.

L'exemple le plus célèbre de cette influence sur d'autres arts martiaux asiatiques est celui de Bodhidarma (également connu sous le nom de Damo en Chine), qui enseigna les arts martiaux aux moines de Shaolin. Celui-ci était originaire du Sud-Ouest de l’Inde (Kerala actuel). Probablement issu d’une famille princière de la dynastie des Pallava, il fut initié aux arts martiaux keralais (ancêtres du « kalarippayat » qui n’était pas encore désigné comme tel). La lignée de Shaolin a par la suite évolué indépendamment, mais il existe encore plusieurs similitudes avec des techniques de kalarippayat. Il est intéressant de constater les nombreux points communs entre les deux arts, perceptibles notamment dans les postures de bases, les coups de pied, les armes utilisées ou encore la connaissance des points vitaux.

bodydharma-enseignant-aux-moines-de-shaolin.jpg    bodhidharma1.jpg

Il est par ailleurs vraisemblable que les arts martiaux Keralais et Tamouls aient influencé les arts martiaux du sud-est asiatique et de l'archipel indonésien, étant donné leur ancienneté et le rayonnement commercial, religieux et culturel des royaumes d'Inde du Sud pendant l'antiquité et le haut moyen-âge. A titre d’exemple, il existe de nombreuses similitudes entre les techniques de genoux et de coudes du Madhya Kalarippayat et le Muaï Borath (ancêtre de la boxe thaïlandaise). De même les postures basses et certaines armes utilisées en Pencak Silat (art martial indonésien) ressemblent à celles du Vaddakhan Kalarippayat. Cette influence se ressent également dans le lexique : les maitres en Pencack Silat et en Kali-Eskrima sont appelés des Gurus (Gurukkal en Kalarippayat ; Kali est par ailleurs une déesse du panthéon hindou).

Cependant il faut rester prudent avant d'affirmer que le kalarippayat serait la source de toutes ces techniques et prendre en compte la capacité créatrice propre à chaque peuple en matière d'ART martial. N’ayant pas personnellement les moyens de retracer les échanges martiaux qui ont eu lieu en des temps anciens, je tiens simplement à rappeler que la plupart des traditions martiales ont évolué au fil du temps et ont subi différentes influences extérieures, qu’elles ont intégré en fonction des besoins, des contextes et du parcours de chaque maitre. Je ne crois pas que le kalarippayat fasse exception et soit resté hermétique à l’influence d’autres arts martiaux (par exemple l’épée la plus communément utilisée aujourd’hui en kalari, est d’inspiration européenne, vraisemblablement introduite après l’arrivé de Vasco de Gama au Kerala). Ainsi sans vouloir minimiser l’influence du kalarippayat, il me semble important de garder à l’esprit que les échanges entre les styles ont pu s’opérer dans les deux sens (j'exprime içi un sentiment personnel qui n'engage que moi).

Les arts martiaux sont par ailleurs très souvent en relation avec les arts folklores et croyances propre à leurs cultures. Au Kerala, le kalarippayat entretient des liens étroits avec d'autres disciplines comme la danse ou le cirque. C'est ainsi que des danseurs de Khatakali ou de Theyyam (danse traditionnelle et art performatif du Kerala) reçoivent parfois un entrainement au kalarippayat pour compléter leur formation et réaliser des danses particulières dans lesquelles ils incarnent des guerriers. De nombreux artistes de l'école de cirque de Thalissery (une des plus fameuse d'Inde) étaient également des adeptes de kalarippayat, réputés pour leurs performances acrobatiques.

             

Retour au Sommaire

 

Bibliographie

  • "Inde, Les Guerriers Guerrisseurs, Kalarippayat" de Hervé Bruhat aux éditions Lieux Dits, paru le 19 Octobre 2011

couv-guerriers-guerisseurs.jpg  undefined Guerriers Guérisseurs - Présentation

Site de l'auteur : http://www.hervebruhat.com/Kalarippayat

Disponible à la vente auprès de l'Akapé.

  • "When the body become all eyes, Paradigms, Discourses and Practice of power in Kalarippayatu, a south India martial art" de Phillip B. Zarilli chez Oxford University Press, première édition en 1998 : une référence, approche universitaire de la discipline, entretiens et apprentissages auprès de nombreux gurukkals à travers plusieurs séjours au Kerala sur une quinzaine d'années (en anglais)
  •  « Kalarippayat, The structure and essence of an Indian martial art » de D. H. Luijendijk, publié en 2008 (préférable à la version publiée en 2005, disponible sur commande via internet) : l'auteur est un élève de M. C. Sherif Gurukkal et ce livre une publication de sa thèse universitaire. Ce livre apporte des informations intéressantes sur la discipline et l'organisation de l'enseignement au sein de l'école. Cependant certaines affirmations sont l'expression des opinions de l'auteur et ne sont pas corroborées par sa principale source d'information (M. C. Sherif Gurukkal).
  •  « Le Kalarippayat : l'ancêtre de tous les arts martiaux d'Asie » de Tiego Bindra, publié chez Broché en 2005 : non consulté (en français).
  •  « Kalarippayat, l'origine des arts martiaux » de Patrick Denaud, publié chez Broché en 1996 : non consulté (en français).

 

Retour au Menu Kalarippayat↑